C’est un véritable séisme qui s’est produit le mardi 17 mars 2026 au Parlement camerounais, lors des plénières consacrées au renouvellement des bureaux des deux chambres.
L’honorable Théodore Datouo, originaire de Bangou dans la région de l’Ouest remplace Cavaye Yeguie Djibril à l’Assemblée nationale ; tandis que Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, lamido de Rey-Bouba dans la région du Nord, prend la place de Niat Njifenji Marcel à la tête du Sénat.
Ces remplacements ont été effectués par vote, mais selon des observateurs avertis, ces deux figures du RDPC ont été imposées par le Comité central du parti, sur hautes instructions du président de la République Paul Biya.
Pour d’autres, c’est la main devenue trop puissante de la première dame Chantal Biya qui a guidé les choix, profitant de l’âge et d’une possible «diminution physique et même mentale» de son époux. Cette thèse met en lumière une confrontation - pour contrôler le pouvoir après le départ de l’homme du 6 novembre 1982 - entre «le clan Nanga dans la région de l’Est» (Chantal Biya, Ferdinand Ngoh Ngoh, Franck Hertz...) et le «clan Bulu» (région du Sud) dont est originaire le président de la République.
Datouo serait ainsi «le fils politique de la défunte mère de Chantal Biya, Rosette Ndongo Mengolo, épouse Mboutchouang, celle-là même qui fut maire de la commune de Bangou, localité dont son mari était originaire». Sa mission serait d’assurer la mainmise du «clan Nanga» sur la chambre basse du Parlement. Une mission similaire à celle d’Aboubakary Abdoulaye à la chambre haute.
Selon les textes camerounais, le président du Sénat est la deuxième personnalité du pays et c’est lui qui assure l’intérim en cas de disparition du président de la République.
Ces deux «nominations» interviennent à une encablure des futures élections municipales et législatives, et risqueraient de ne pas avoir un grand impact sur les calculs politiques des divers clans. Mais, sait-on jamais ?




