Entrepreneuriat rural : le MINPMEESA et la CAPEF scellent un partenariat stratégique pour faire de l’EPABA Business Lab un incubateur d’excellence. | Crédit photo : CN
Entrepreneuriat rural : le MINPMEESA et la CAPEF scellent un partenariat stratégique pour faire de l’EPABA Business Lab un incubateur d’excellence. | Crédit photo : CN

Le gouvernement franchit une nouvelle étape dans sa politique de promotion de l’entrepreneuriat et de développement des petites et moyennes entreprises. Le 17 juillet 2026, le ministère des petites et moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) et la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (CAPEF) ont signé un accord de partenariat destiné à encadrer et accompagner les activités d’incubation de l’École pratique d’agriculture et du bois d’Ambam (EPABA), à travers son incubateur dénommé EPABA Business Lab. 

Cette convention marque une avancée significative dans la structuration de l’écosystème entrepreneurial rural et dans la professionnalisation des dispositifs d’accompagnement des porteurs de projets. Signé conformément aux dispositions du décret n°2020/0301/PM du 22 janvier 2020 fixant les modalités d’accomplissement des missions des structures d’incubation des petites et moyennes entreprises, cet accord vise à garantir la conformité des activités d’EPABA Business Lab aux normes nationales en matière d’incubation. Au-delà du respect du cadre réglementaire, il ambitionne de doter les jeunes entrepreneurs d'un environnement propice à la maturation de leurs projets, à la création d'entreprises innovantes et à leur développement durable.

À travers cette convention, le MINPMEESA entend s'assurer de la qualité des modules de formation dispensés par l'incubateur, du respect des dispositifs d'accompagnement validés par ses services ainsi que du suivi-évaluation des incubés. L'objectif est clair : favoriser l'émergence d'entreprises viables, économiquement rentables, compétitives et créatrices d'emplois. L'accord couvre plusieurs domaines d'intervention, notamment la promotion des activités d'incubation de l'EPABA Business Lab, l'accompagnement technique et institutionnel de la structure, le suivi des projets portés par les incubés, l'information et la sensibilisation des jeunes entrepreneurs, sans oublier le partage d'expériences et des bonnes pratiques entre les deux institutions.

Dans le cadre de cette collaboration, le MINPMEESA s'engage à accompagner la mise en œuvre des activités de l'incubateur, à assurer le suivi technique des projets incubés et à veiller au respect des standards nationaux en matière d'incubation.

De son côté, la CAPEF s'engage à mettre sa structure en conformité avec les exigences réglementaires, à harmoniser ses programmes de formation avec la Stratégie nationale de l'entrepreneuriat, à assurer un encadrement rigoureux des incubés et à faciliter les missions de contrôle et d'évaluation conduites par le ministère.

Au cours de son allocution, le ministre des PME, de l'Économie sociale et de l'Artisanat, Achille Bassilekin III, a salué une convention qui vient accompagner « la dynamique d'incubation aujourd'hui en plein essor » au Cameroun. Selon lui, EPABA Business Lab constitue désormais un véritable outil de promotion de la culture entrepreneuriale, capable d'aider les étudiants et les jeunes porteurs de projets à transformer leurs idées en entreprises concrètes.

Le membre du gouvernement a particulièrement insisté sur l'intérêt de développer des incubateurs spécialisés. Pour lui, certains secteurs stratégiques disposent de spécificités techniques et économiques qui nécessitent un accompagnement adapté. L'École pratique d'agriculture et du bois d'Ambam illustre parfaitement cette nouvelle orientation, en proposant une incubation centrée sur les métiers de l'agriculture, de l'élevage, de la sylviculture, de l'agroalimentaire et de la transformation du bois.

Cette spécialisation s'inscrit pleinement dans les priorités de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui identifie le secteur forêt-bois comme un puissant levier d'industrialisation et de création de richesses. Le ministre a rappelé que la transformation locale du bois constitue désormais une priorité nationale, notamment dans la perspective de l'application des nouvelles orientations sous-régionales limitant progressivement l'exportation du bois en grumes. Le Cameroun entend ainsi développer davantage les deuxième, troisième, voire quatrième transformations du bois afin d'accroître la valeur ajoutée nationale, réduire les importations de produits manufacturés et renforcer sa balance commerciale.

C'est dans cette logique que le MINPMEESA pilote depuis 2022 le Programme d'appui au développement des PME de transformation du bois (PAD-Bois), intégré au Programme des économies forestières du bassin du Congo soutenu par la Banque mondiale. Ce programme prévoit notamment la création de parcs industriels spécialisés dans les communes pilotes de Lomié, Édéa et Sangmélima. Ces infrastructures accueilleront des équipements modernes ainsi que des centres de formation et d'incubation destinés à renforcer les compétences des jeunes entrepreneurs. Les futurs incubés de l'EPABA Business Lab pourraient ainsi bénéficier de véritables débouchés industriels pour développer leurs entreprises.

Le ministre a également mis en avant la volonté de créer une véritable synergie entre les structures d'incubation et ces nouveaux parcs industriels. À terme, les porteurs de projets formés à Ambam pourront intégrer les futurs clusters de transformation du bois, à l'image de l'expérience déjà engagée à Mbalmayo avec le regroupement des menuisiers artisans.

Cette signature intervient dans un contexte où le gouvernement poursuit un important effort d'investissement en faveur de l'entrepreneuriat. Entre 2016 et 2022, plus de deux milliards de francs CFA ont été mobilisés pour soutenir les structures publiques d'incubation. Une enveloppe supplémentaire de 300 millions de francs CFA a été allouée en 2023 aux incubateurs des universités d'État et grandes écoles. En 2024, 214 millions de francs CFA ont encore été accordés aux incubateurs de l'UIT-Bois de Mbalmayo, de la NAHPI de l'université de Buea et de l'ENSET de l'université d'Ebolowa. Le ministre a d'ailleurs assuré que l'EPABA Business Lab pourra pleinement bénéficier de cette dynamique d'accompagnement financier et technique.

Créée en 1955, la Chambre d'agriculture, des pêches, de l'élevage et des forêts du Cameroun assure des missions d'intérêt professionnel et de service public. Parmi ses unités opérationnelles, figure l'École pratique d'agriculture et du bois d'Ambam, inaugurée en octobre 2021 dans le département de la Vallée-du-Ntem. Véritable centre d'excellence, l'établissement forme les jeunes aux métiers de l'agriculture, de l'élevage, de la sylviculture, de l'agroalimentaire et du bois, avec une forte orientation vers l'entrepreneuriat.

En associant les expertises du MINPMEESA et de la CAPEF, ce partenariat ouvre de nouvelles perspectives pour le développement d'un entrepreneuriat rural innovant, structuré et compétitif. Il devrait permettre de transformer davantage d'idées en entreprises viables, de renforcer les chaînes de valeur agricoles et forestières, d'accroître la transformation locale des ressources naturelles et de créer durablement des emplois pour la jeunesse camerounaise. À travers l'EPABA Business Lab, les deux institutions ambitionnent désormais de faire émerger un incubateur de référence au service de la modernisation de l'économie rurale et de l'industrialisation du Cameroun.

Réaction 

Martin Paul Minjos Momeny, président de la CAPEF

"Je voudrais dire ici que le gouvernement sous l'impulsion du président de la République a mis en place un certain nombre de programmes, notamment le financement des activités des jeunes et des femmes, et la chambre d'agriculture qui est l'intermédiaire entre le gouvernement et les bénéficiaires est donc allée sur le terrain pour rendre compte de l'effectivité. Il revient aux jeunes d'aller les rechercher. Nous avons constaté qu'il n'y avait pas suffisamment de compétences c'est pour cela que nous avons lancé un réseau d'écoles de formation. Et aujourd'hui, nous sommes fiers que le MINPMEESA nous donne l'opportunité d'organiser et de développer au sein de l'une de nos écoles, notamment pour la composante bois, un centre d'incubation. Ce centre va donc permettre de recycler, de former et de booster les capacités de ses jeunes afin que nous puissions les accompagner vers les institutions de financement de leurs projets. Je voudrais également saluer l'action du secteur privé dans cette démarche, notamment des banques. Aujourd'hui, nous travaillons avec les guichets agribanques qui financent les activités dans le domaine de l'agriculture, du bois et de la pisciculture. C'est un appel aux jeunes pour qu’ils viennent se former dans ces centres d'incubation afin que nous puissions les accompagner vers les financements que le chef de l'État a mis en place à travers le gouvernement". 

 

Propos recueillis par CN

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